Les Templiers à Lyon

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Théâtre des Célestins

La présence des Templiers à Lyon est attestée au XIIIème siècle grâce à leur mention dans une transaction de 1208 entre les citoyens de Lyon, l’archevêque et le Chapitre métropolitain. On ignore cependant depuis combien de temps ces derniers sont installés à cette date.

Les Templiers possédaient un terrain composé de plusieurs bâtiments ainsi qu’un vaste jardin, situés au niveau de l’actuel théâtre des Célestins, dans le 2ème arrondissement, côté Saône. Au XIIIème siècle, cette partie de la presqu’ile est encore semi-rurale, alternant habitations, congrégations religieuses, champs et jardins ; de nombreux terrains appartiennent à ces communautés religieuses qui s’y sont établies (couvent d’Ainay, Frères Prêcheurs Jacobins, Antonins, Templiers…).

Les textes donnent peu d’indications sur la composition des bâtiments templiers. On peut supposer, à l’origine la présence d’une chapelle, qui fut par la suite transformée en église du XIVè au XVIIè siècle. Il est également fait mention d’une vigne exploitée jusqu’en 1266 par les Templiers.

La dissolution de l’Ordre

L’arrestation des Templiers a lieu le 13 octobre 1307, sur ordre de Philippe le Bel, roi de France. La suppression officielle de l’Ordre des Templiers a lieu lors du Concile de Vienne, convoqué par le pape Clément V. Cette réunion a lieu dans la ville voisine de Vienne entre octobre 1311 et mai 1312. C’est par la bulle Vox in excelso du 22 mars 1312 que le pape supprime le Temple, bien qu’il ne le condamne pas. La bulle Ad providam du 2 mai décrète que les biens du Temple passeront aux mains des Hospitaliers de Saint-Jean de Jerusalem.

Le devenir du site après la suppression de l’Ordre

Puis, en 1315, le terrain et les bâtiments lyonnais des Templiers sont cédés par les Hospitaliers aux Comtes de Savoie qui le conservent jusqu’en 1407. Cette transaction permet aux Hospitaliers de développer leurs propriétés sur la rive droite de la Saône dans le quartier Saint-Georges. La propriété cédée se compose alors d’une chapelle, de granges, d’étables, de vignes, de jardins et autres édifices…

L’ensemble est alors repris par les Célestins. Ceux-ci fondent leur couvent à partir des murs existants qu’ils grandissent et conservent jusqu’en 1789.

Le théâtre des Célestins

theatre2Un premier théâtre, appelé théâtre des Variétés, est inauguré le 9 avril 1792. Le bâtiment actuel est l’œuvre de Gaspard André, il est inauguré le 1er août 1877.

Les fouilles, effectuées entre 1990 et 1994 sous l’actuelle Place des Célestins, n’ont pas révélé de traces des bâtiments, cette place se situant sur les anciens jardins des communautés religieuses successives. Rue Dullin, on a toutefois retrouvé une partie sud des fondations du chevet de l’église.

Rue des Templiers et rue Port du Temple

plan_templiers_lyonDeux étroites ruelles à l’ambiance mystérieuse, peu fréquentées, et donc parfois peu engageantes, rappellent la présence passée des Templiers dans ce secteur :

  • la rue du Port du Temple, joignant la place des Jacobins aux quais des Celestins, L’abbé Vachet (A travers les rues de Lyon – 1902) nous la décrit ainsi :

    « La Saône, qui baignait ces propriétés, avait certains lieux d’abordage, appelés Ports. Il y en avait un près des Templiers, c’était le Port du Temple ; (…) Avant 1855, la rue qui nous occupe s’appelait Ecorche-Boeuf, et ce nom fait allusion à une ancienne fête populaire. Il y avait autrefois une fête des Merveilles, célébrée par une procession splendide. Le clergé et le peuple se rendaient à l’Ile-Barbe, et tous descendaient la Saône dans des barques, en chantant des litanies. Quand on était arrivé vers le Pont de Pierre, on laissait du haut de l’arche du pont, appelée arche des merveilles ou arc merveilleux, tomber un boeuf, qu’on pourchassait aussitôt et dont on s’emparait. On le tirait de l’eau au Port du Temple, et l’on allait l’abattre et l’écorcher dans un abattoir voisin. De là l’ancien nom de cette rue. »

  • la rue des Templiers, joignant la place des Célestins et les quais des Célestins. Cette rue possède un original passage voûté, rare vestige de l’urbanisme ancien.

 

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