Léonard de Vinci à Lyon : le lion automate

Ce bref article se propose de revenir sur un épisode peu développé des voyages de Léonard de Vinci : son passage supposé à Lyon, ainsi que sur une de ses inventions aujourd’hui perdue : le lion automate.
Il y a pratiquement cinq siècles, en 1515, Léonard de Vinci avait mis au point un lion mécanique extraordinaire pour amuser et impressionner le roi de France, François Ier. Cette invention s’apparentant selon toute vraisemblance à un robot ne nous est malheureusement pas parvenue. Cet automate avait été pensé dans le contexte des fêtes de cours de la Renaissance : un élément de spectacle original, raffiné et coûteux.

Copie du Marzocco (Florence)

Selon les témoignages de l’époque, le lion automate conçu par Léonard de Vinci fut présenté le 12 juillet 1515 à François Ier par les marchands et les banquiers de Florence installés à Lyon. Lyon possédait en effet à cette époque une importante communauté florentine. Il s’agissait alors de célébrer l’alliance entre la France et la cité toscane, qui avait le lion pour symbole. Le Marzocco de Donatello en est l’une des représentations les plus connues. François Ier devait passer par Lyon et y faire étape sur la route de Grenoble où se rassembla l’armée qui écrasera ensuite les Suisses à Marignan.

Grâce à un mécanisme interne, le poitrail de l’animal mécanique s’ouvrait pour faire apparaître une fleur de lys. Le lys renvoie symboliquement au roi de France et à la Ville de Florence, le lion à la Ville de Lyon, au blason de Florence, au pape Léon X et à Léonard lui-même.

Le lion d’Argentan

L’année suivante en 1516, Léonard de Vinci alors âgé de 64 ans arrive à Amboise, en Val de Loire, étant devenu le protégé de François Ier. Il vivra ses trois dernières années au Château du Clos Lucé, proche de la cour du roi François Ier. Le génie de Léonard aurait également été mis à contribution pour la réalisation d’un lion mécanique automate pour la fête célébrant la victoire de Gênes à Amboise en 1518, sachant qu’il fut utilisé quelques mois plus tard pour une fête donnée à Argentan. Était-ce le même lion réalisé à Lyon ?

La reconstitution du lion

Plus récemment en 2009, les scientifiques et historiens du château du Clos Lucé, à Ambroise, se sont efforcés d’en faire la réplique la plus fidèle possible, à partir des quelques plans laissés par le grand génie de la Renaissance. Renato Boaretto, créateur et restaurateur d’automates du Clos Lucé à Amboise l’a reproduit. Ce lion donne l’impression qu’il marche mais avance en roulant. Il secoue la tête, ouvre et ferme sa gueule et agite sa queue. Un trappe s’ouvre sur son flanc et laisse apparaître des fleurs de lys.

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