Les remparts de Lyon

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Enceintes présumées – Reynaud 1998

La cité de Lugdunum fut fondée sur la colline qui prendra le nom de Fourvière. Ses quartiers ont occupé tout l’espace de cette colline en s’étendant jusqu’à Saint Just, Loyasse et La Sarra. Dès l’Antiquité, une enceinte aurait protégé toute cette surface, même si son existence n’est pas tout à fait avérée ; l’archéologie n’ayant – à ce jour – rien révélé de déterminant. Cependant, il semble réaliste que le privilège d’avoir une enceinte ait été octroyé à Lyon, de par son statut de colonie romaine, à l’instar de Nîmes, par exemple. De même, certains indices textuels laissent supposer l’existence d’une muraille protectrice : par exemple Grégoire de Tours, en parlant de l’église Saint-Irénée, la situe « à proximité extérieure des murs« .

L’enceinte médiévale

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Tracé schématique, en 1350 (d’après G.Gardes, 1988)

Un argument supplémentaire plaide en faveur de l’existence de l’enceinte antique citée ci-dessus : le tracé de l’enceinte médiévale est totalement aberrant par rapport à l’étendue de la ville du Moyen-Age. En effet, durant la période médiévale, l’enceinte fait le pourtour de la colline de Fourvière alors que les quartiers se concentrent désormais en contrebas, de part et d’autre de la Saône. On peut donc présumer que le tracé de l’enceinte médiévale aurait repris pour l’essentiel les éléments des remparts antiques, par souci d’économie. Deux quartiers extérieurs à la ville, constitués autour de leur église, possédaient également leurs propres enceintes : Saint-Just et Saint-Irénée. De très rares vestiges subsistent de l’ensemble de ces remparts médiévaux qui furent détruits en 1793.

Un mur de protection à Saint-Jean, au IVème siècle

Les fouilles dans l’actuel parc archéologique, à côté de la cathédrale, ont mis à jour sur plusieurs mètres un mur épais qui daterait du IVème siècle. Dès l’époque paléochrétienne, celui-ci aurait pu servir de rempart afin de protéger les établissements religieux naissants et le nouveau centre de la cité qui se substitue à la ville haute. Ces vestiges sont d’autant plus intéressants qu’à la base du mur dégagé, il a été utilisé en réemploi des blocs massifs provenant du sanctuaire fédéral des Trois Gaules. Ceci illustre bien pourquoi de nombreux édifices gallo-romains ne sont pas parvenus jusqu’à nous, même sous forme de ruines. En effet, avec l’abandon progressif des anciens édifices romains et l’évolution de la cité, les nouvelles générations n’ont eu qu’à puiser dans ces bâtiments, avec à leur disposition nombre de pierres de qualité, déjà taillées et quasiment prêtes à l’emploi !

Le Cloitre Saint-Jean, au Moyen Age

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Le Grand Cloître Saint-Jean au XVème siècle – Pacaut 1995

Au Moyen-Age, la vocation religieuse du site persiste. Une enceinte, toujours au niveau du quartier Saint-Jean, délimitait « le Grand Cloître de Saint-Jean » que l’on pourrait définir grossièrement par un carré délimité par les rues de la Bombarde, Tramassac et l’avenue Adolphe Max. Dans cette cité ecclésiastique fortifiée, se trouvaient les églises du groupe cathédral, le palais épiscopal, les installations du chapitre (dont la manécanterie) et des établissements de services (auditoire de justice de l’archevêque, auditoire de justice du comté).

Remparts contemporains

A partir de 1831 et jusqu’à 1850, un système défensif constitué de nouveaux remparts et de forts va être bâti tout autour de la ville, à l’initiative du général Rohault de Fleury. Sur la rive droite de la Saône, les forts de Saint-Irénée et de Loyasse témoignent de cette époque. Des éléments de l’enceinte reconnaissables à leur construction caractéristiques en pierres dorées se retrouvent aisément dans le quartier de Loyasse ou en descendant la rue de l’Observance puis le boulevard Saint-Exupéry jusqu’à Vaise. On peut également observer un autre partie de ces fortifications Montée du Télégraphe et depuis les quais de Saône.

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